Disclaimer : ce billet est long, mais pas autant que mon voyage retour qui a duré 52 heures, sans aucune réaction de la part d’Air France !
Décembre 2008 – la décision est prise, je pars au Kenya en août 2009. Comment ? En avion, avec Air France évidemment. Comme ça au moins, je n’aurai pas de soucis à me faire du côté du transport, je pourrais me concentrer sur mes vaccins, anti-moustiques et autres pilules roses à avaler tous les jours à midi, même une semaine après mon retour (j’ai trois alarmes différentes pour y penser…). Je vais sur leur site, je trouve mes billets, j’ai juste à rentrer mon identifiant et mon mot de passe Flying Blue, le programme de fidélité de la marque, et tout est réglé en 5 minutes. Départ le 2 août au soir, vol de nuit pour Nairobi, arrivée le lendemain à l’aube. Pour le retour, même principe, départ le 15 à 21h55, arrivée le 16 à 5h45 à Paris, afin de profiter de mon dimanche pour récupérer. Seule petite surprise, on ne part pas avec Air France, mais avec Kenya Airways, une autre compagnie membre de l’alliance Skyteam. Soit.

Première surprise, j’apprends par des amis qui ont pris le même vol que moi, que celui-ci a été décalé. On ne part plus le 2 août au soir, mais le 2 à 8 heures du matin. A priori, rien d’alarmant, si ce n’est qu’il faut prévoir une nuit d’hôtel en plus à Nairobi. D’abord, ça coûte cher, mais surtout, à aucun moment je n’ai été prévenu par Air France… Appel au Service Client => « Effectivement, les horaires ont changés, mais nous ne sommes pas tenus de vous en informer. Cela peut encore changer, à vous de vérifier régulièrement ». MAIS BIEN SÛR !!
Finalement, plus de changement d’horaires, l’aller se passe très bien si ce n’est une prise son défectueuse dans l’avion me privant de la possibilité de regarder un film dans de bonnes conditions pendant les 8h de voyage. ça peut arriver, je suis pas chiant (même si c’est très frustrant !). Le voyage se passe pour le mieux, et encore plus que ça, je vous raconterai plus tard. Jusqu’au moment de rentrer en France… Pour la faire courte, je suis parti le samedi 15 août à 6 heures du matin (heure française), pour arriver enfin chez moi le lundi 17 août, à 10 heures du matin, soit… 52 heures de trajet !
Pour faire court, après avoir rejoint en voiture l’aéroport de Mombasa, nous avons pris un premier avion de la compagnie Jetlink pour rejoindre Nairobi, ou nous devions partir pour Paris le soir, décollage prévu à 21h55. Première nouvelle, le personnel de bord de la compagnie Kenya Airways est en grève, ils réclament une augmentation de salaire de 130%, la direction en propose 13%. Tous les avions sont cloués au sol. Tous, sauf un, car celui de Paris est visiblement maintenu ! On enregistre nos bagages à 17h le samedi, puis direction le terminal puis la salle d’embarquement numéro 5. Les passagers sont là, l’avion arrive, tout est prêt pour l’embarquement… sauf l’équipage. L’avion est retardé. Nous n’avons aucune info. Va-t-on partir quand même ? Impossible de savoir.
22h00, toujours rien. 22h30, les passagers du vol pour Londres sont appelés à se présenter porte 5. 300 personnes dans une salle d’embarquement qui contient 150 sièges, des enfants, des bébés, des personnes âgées sur les moquettes, assis par terre, dans l’attente. 23h, toujours pas d’info. Il manquerait encore un membre d’équipage, mais s’il arrive, l’avion décolle et on rentre chez nous. Dans le même temps, nos bagages sont progressivement retirés de l’avion pour être remplacés par d’autres. Aucune confirmation officielle. 23h30, les passagers pour Londres sont invités à embarquer. Discours officiel, l’avion pour Paris partira plus tard, si un autre équipage est constitué. Minuit et demi, l’avion pour Londres n’a pas bougé, nous recevons une bouteille d’eau. Un repas ? Pour quoi faire ???
Premier d’une longue série d’appels à Air France, histoire de trouver une solution, quitte à partir sur Londres. Quelques extraits des réponses :
- « Ah bon, il y a une grève ? C’est bizarre, sur nos écrans il est écrit que vous avez décollé et que vous arriverez à l’heure demain matin »
- « Je vais voir ce que je peux faire et je vous rappelle » (on attend encore)
- « Air France décline toutes responsabilités, c’est un problème local, à régler localement. Débrouillez-vous avec Kenya Airways… »
Mais BORDEL ! Mon argent, c’est bien Air France qui l’a encaissé, pas Kenya Airways, mais là, pour trouver une solution, y a plus personne…
On continue ? 1h30 du matin, l’avion pour Londres décolle enfin. 1h45, un membre de Kenya Airways vient nous voir pour nous expliquer que, finalement, on ne pourra pas partir ce soir, qu’on ne pourra pas nous donner à manger, et qu’il n’y a évidemment aucun hôtel de disponible. Nous sommes priés de dormir dans l’aéroport, et de revenir au comptoir à 6 heures du matin pour voir s’il y a une solution.
Appel à Air France… « Débrouillez-vous, on décline toutes responsabilités par rapport à cette situation »
Lendemain matin, réveil 5h30, on finit par avoir un nouveau billet d’avion pour le vol vers Amsterdam à 8h40. Et pour le vol pour Paris ? « Débrouillez-vous là-bas, on ne peut rien faire d’ici ». Ok, soit. Et nos bagages ? « Elles suivront évidemment, ne vous inquiétez pas ». Ok. Direction la nouvelle porte d’embarquement. Ce n’est plus la 5, mais la 14, ou plus exactement la 14 et la 12, car ils savent déjà qu’on sera nombreux et qu’il nous faudra attendre… Je vous passe les détails, « votre avion partira finalement à 10h », « il manque encore du personnel, vous partirez à midi », ou encore « cette fois c’est sûr, vous partirez à 16h ». Je ne vous explique pas non plus tout ce qu’il a fallu faire pour réussir à avoir ces informations, sachant qu’elles étaient à chaque fois contradictoires…
Au final, nous sommes entrés dans l’avion à 17h, soit 24 heures après mon arrivée à l’aéroport. Je tiens aussi à préciser que nous avons eu le droit à un seul repas en 24 heures !!! Nous sommes finalement arrivés à Amsterdam dans la nuit, obligés de passer une autre nuit là-bas (dans un hôtel cette fois, merci KLM), avant de prendre une correspondance pour Paris le lendemain matin. Évidemment, mes bagages n’ont pas suivi mon itinéraire vers Amsterdam et n’étaient donc pas sur le vol Amsterdam – Paris… Petite visite à Air France avant de partir… « Nous ne pouvions rien faire, je vous invite à contacter notre service client pour leur exprimer votre point de vue… »
Vous imaginez bien que je vais leur préparer un courrier bien sympathique, leur expliquant combien je suis ravi de leur prestation et de leur soutien inexistant durant ce voyage, que j’ai tout de même payé 800 €, à Air France, pour m’entendre dire d’aller me faire voir ! Donc je confirme, le Service Client d’Air France est vraiment SCANDALEUX !



