L’art abstrait et moi, en général, on n’est pas très potes. Oui, je dois reconnaître que j’ai du mal à m’extasier devant trois traits dessinés au hasard sur une toile, ce que je trouve en général aussi intéressant qu’un monochrome de chez Whiteman ou un Kundelich… Alors quand, en plus, l’artiste est connu pour ne travailler qu’avec une seule couleur, le noir, j’avoue que j’étais plus que sceptique… Et bien j’avais tort !

Voilà donc plus d’un demi-siècle que Pierre Soulages consacre sa vie au noir. « Pourquoi le noir ? La seule réponse, incluant les raisons ignorées, tapies au plus obscur de nous-mêmes et des pouvoirs de la peinture, c’est PARCE QUE. » (Pierre Soulages, 1986). L’exposition retrace donc le travail de l’artiste au fil du temps, depuis la fin des années 40 à nos jours.
Si je n’ai pas du tout accroché aux premières oeuvres de Pierre Soulages exposées, j’ai beaucoup apprécié son évolution. Progressivement, le noir a pris une place plus importante, pour progressivement éclipser d’autres couleurs (blanc, voire même parfois, bleu ou rouge), avec un véritable travail sur les textures. Peu à peu, le reflet de la lumière sur la toile devient une véritable composante de l’oeuvre, pour aboutir à un nouveau style de peinture que lui-même décrit comme l’Outrenoir. « Outrenoir, pour dire : au-delà du noir, une lumière reflétée, transmutée par le noir ».

L’exposition dispose d’un très grand nombre de toiles de Pierre Soulages, de toutes tailles, avec une composition allant jusqu’à 6 mètres de large et 2m50 de haut. On peut cependant regretter de ne pas toujours avoir suffisamment de recul pour apprécier au mieux le travail de l’artiste…
Au final, j’ai bien apprécié cette expo, bien plus que ce à quoi je m’attendais, du coup, je vous invite à y faire un tour tant que l’expo est en place (soit jusqu’au 8 mars). Je vais finir ce petit article par une autre citation de Pierre Soulages que j’ai beaucoup appréciée : « La réalité d’une oeuvre, c’est le triple rapport qui s’établit entre la chose qu’elle est, le peintre qui l’a produite et celui qui la regarde. » (Pierre Soulages, 1976)
PS : et sinon, pour les filles qui cherchent encore une bonne raison d’aller voir l’exposition, celle-ci est sponsorisée par Nespresso… Peut-être que vous aurez la chance d’y croiser Georges ?
Exposition Soulages
Centre Pompidou
14 octobre 2009 – 8 mars octobre 2010
Ouvert tous les jours sauf le mardi
11h00 – 21h00
Tarif plein 12 € / tarif réduit 9 €



L’atelier Brancusi qui se situe à Beaubourg à Paris est en fait une reconstitution quasi à l’identique de l’atelier de l’artiste. En effet, avant sa mort, celui-ci a décidé de léguer toutes ses oeuvres à l’état français, à la condition que ses oeuvres soient exposées exactement dans la même position que dans son atelier au moment de sa mort en 1957… Ce qu’il faut savoir pour la petite histoire, c’est que Brancusi considérait et utilisait son atelier comme un lieu d’exposition, idée qui lui est venue après qu’une de ses oeuvres, Princesse X, voir ci-contre (crédit photo : Adam Rzepka), ait été censurée lors d’une exposition en 1920, pour cause de forme trop… suggestive… Je vois vraiment pas pourquoi ;-)